La mise à jour économique du printemps souligne que le Canada et le monde ont besoin des communautés rurales pour prospérer
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a présenté une mise à jour économique du printemps le 28 avril, comprenant des investissements dans un fonds souverain de 25 milliards $ ainsi que dans la formation de travailleurs spécialisés afin de bâtir le Canada.
En réponse, le Groupe pour la promotion de la prospérité rurale a fait la déclaration suivante :
L’avenir économique du Canada dépend de la reconnaissance d’une réalité simple mais souvent négligée : le Canada rural n’est pas périphérique — il est essentiel. La mise à jour économique du printemps 2026 marque des progrès importants vers la construction nationale, mais son succès dépendra en fin de compte de la capacité à concevoir ces investissements avec une perspective claire et cohérente axée sur le Canada rural.
De l’énergie à l’alimentation, en passant par les minéraux critiques et l’espace nécessaire aux infrastructures d’intelligence artificielle et aux technologies propres, les régions rurales possèdent les ressources qui soutiennent la croissance nationale. Le Canada rural représente déjà environ 30 % de la production nationale et génère la majorité des exportations du pays — pourtant, son plein potentiel demeure sous-exploité.
Si le Canada veut véritablement bâtir une économie plus forte et plus compétitive, les communautés rurales ne peuvent être reléguées au second plan. Cela signifie aller au-delà de programmes ciblés et veiller à ce que toutes les grandes décisions en matière de politiques, de réglementation et d’investissement soient évaluées dès le départ en fonction de leurs répercussions sur le milieu rural.
La mise à jour économique du printemps reflète des progrès dans cette direction. Des mesures comme la prolongation du soutien de l’assurance-emploi pour les travailleurs saisonniers reconnaissent que les marchés du travail ruraux fonctionnent différemment, façonnés par les cycles naturels et les économies régionales. Ces soutiens permettent de maintenir des secteurs comme l’agriculture, la pêche, la foresterie et le tourisme, et garantissent que les travailleurs expérimentés restent dans leurs communautés.
De même, les investissements continus dans le logement autochtone en milieu urbain, rural et nordique reconnaissent que la géographie compte. Le logement est fondamental pour la participation au marché du travail, l’inclusion économique et la prospérité à long terme — particulièrement dans les régions rurales et éloignées où les écarts sont les plus marqués.
Parallèlement, des initiatives majeures comme le Fonds Canada Fort, les priorités en matière d’infrastructures de construction nationale et les investissements dans les métiers spécialisés représentent une grande opportunité — mais aussi un risque. Sans une perspective rurale, ces initiatives pourraient involontairement accentuer les disparités existantes en matière de connectivité, d’infrastructures et d’accès à la main-d’œuvre.
Des programmes comme Équipe Canada Fort et l’expansion du soutien aux programmes d’apprentissage ont le potentiel de transformer les économies rurales en comblant les pénuries de main-d’œuvre et en créant des voies pour que les jeunes bâtissent des carrières près de chez eux. Mais cela ne réussira que si la formation, les employeurs et les infrastructures sont accessibles dans les régions rurales — et non concentrés uniquement dans les centres urbains.
En fin de compte, le Canada ne pourra atteindre une croissance durable et inclusive sans libérer pleinement le potentiel de ses communautés rurales. Une « économie canadienne unique » dépend du rapprochement des réalités urbaines et rurales, de politiques adaptées aux conditions sur le terrain et d’investissements dans les régions qui produisent les ressources, l’énergie et l’innovation dont le pays dépend.
Nous devons veiller à ce qu’aucune réglementation ou politique fédérale future — intentionnellement ou non — ne nuise au Canada rural. Cela exige l’application institutionnelle et constante d’une perspective rurale à toutes les étapes de la prise de décision fédérale, afin de s’assurer que les nouveaux programmes ou initiatives tiennent compte des besoins, des défis et des possibilités des régions rurales.
Points saillants de la mise à jour économique du printemps
Le gouvernement entend prolonger le soutien de l’assurance-emploi pour les travailleurs saisonniers :
« De nombreux secteurs au Canada — agriculture, industrie de la pêche, foresterie et tourisme — dépendent fortement des travailleurs saisonniers en raison des conditions météorologiques, des cycles naturels et de la demande fluctuante. L’assurance-emploi offre un soutien temporaire au revenu à ces travailleurs pendant les périodes hors saison, lorsque leur emploi saisonnier n’est pas disponible, les aidant à maintenir leur stabilité financière et à rester dans leurs communautés. Ce soutien profite également aux employeurs et aux économies régionales en garantissant le retour des travailleurs expérimentés chaque saison, ce qui permet aux industries de fonctionner efficacement et soutient l’activité économique dans de nombreuses régions rurales et côtières du Canada.
« La mise à jour économique du printemps 2026 annonce l’intention du gouvernement de prolonger ce soutien pour les travailleurs saisonniers dans les 13 régions ciblées jusqu’en octobre 2028. Le coût de cette mesure est estimé à 356,2 millions $ sur cinq ans, à compter de 2026-2027. »
Afin de poursuivre les travaux liés à une stratégie de logement autochtone en milieux urbain, rural et nordique, la mise à jour économique du printemps 2026 propose de réaffecter des investissements antérieurs pour mieux soutenir les fournisseurs de logements autochtones, en redistribuant 2,8 milliards $ sur cinq ans, à compter de 2026-2027, à Bâtir des logements au Canada, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, Services aux Autochtones Canada ainsi que Logement, Infrastructures et Collectivités Canada. Cette approche permettra d’harmoniser le soutien au logement autochtone avec le paysage actuel du logement au Canada.
L’Agence du revenu du Canada accordera la priorité aux demandes de décisions anticipées en matière d’impôt sur le revenu liées à des projets d’envergure contribuant à la construction nationale — comme le logement et les infrastructures — ainsi qu’aux projets d’importance nationale. La priorité sera également accordée aux demandes liées à des investissements qui améliorent la productivité et renforcent des secteurs clés de l’économie canadienne, y compris les initiatives d’économie propre et les projets pouvant bénéficier des crédits d’impôt pour investissements dans l’économie propre.
Le gouvernement entend lancer un plan pangouvernemental de concurrence afin de faire de la concurrence une priorité dans l’ensemble des politiques fédérales. Ce plan visera à garantir que les politiques existantes et futures favorisent la concurrence et limitent, dans la mesure du possible, les effets négatifs potentiels — souvent involontaires — des politiques gouvernementales sur la concurrence.
Le gouvernement adoptera une approche nationale globale pour la concurrence dans le secteur des télécommunications et visera des résultats concrets pour les consommateurs canadiens en mettant en œuvre une feuille de route sur la concurrence dans les télécommunications. Celle-ci comprend plusieurs mesures en cours et prévues, notamment la publication de repères pour l’itinérance, l’adoption d’une approche « creuser une seule fois » pour les projets d’infrastructure nationale, comme indiqué dans le budget 2025, et le renforcement des efforts visant à favoriser les technologies satellitaires émergentes. Sa publication permettra aux Canadiens de suivre facilement les résultats et les progrès à court terme. D’autres renseignements seront fournis dans les mois à venir.
Le gouvernement fournira 2 milliards $ sur cinq ans, à compter de 2026-2027, et 262 millions $ par année par la suite, afin d’augmenter le nombre de jeunes prêts à entreprendre une carrière valorisante dans les métiers spécialisés. Équipe Canada Fort offrira un parcours simple et fluide pour découvrir les métiers et y accéder, tout en établissant des liens avec les employeurs. Cela comprend :
Le programme Équipe Canada Fort, qui offrira aux jeunes de 15 à 30 ans une expérience de travail rémunérée de niveau d’entrée liée aux métiers, menant à un apprentissage.
Le Service d’apprentissage Bâtir Canada, qui aidera les employeurs à recruter, former et retenir des apprentis en offrant des subventions salariales pouvant atteindre 10 000 $ pour leur première année, en jumelant les apprentis aux possibilités d’emploi et en fournissant un accompagnement pratique.
La modernisation du Programme du Sceau rouge, visant à réduire les délais de certification et à améliorer l’uniformité nationale, notamment grâce à l’introduction d’examens en ligne, de carnets numériques et de titres sécurisés, ainsi qu’à la création d’un numéro national unique d’apprenti inscrit.
L’expansion du Programme de formation et d’innovation syndical (PFIS), permettant aux centres de formation syndicaux d’améliorer leurs installations, d’augmenter leur capacité et d’investir dans des équipements modernes.
Fournir 3,4 milliards $ sur cinq ans, à compter de 2026-2027, et 468 millions $ par la suite afin de surmonter les obstacles qui empêchent les apprentis de terminer leur formation et d’accéder à des emplois permanents.
