Une Première Nation de l’Ontario prend en main la propriété, l’accès et le contrôle de son histoire

Une Première Nation de l’Ontario utilise son propre centre de données pour préserver sa langue et sa culture autochtones, tout en renforçant son contrôle sur les renseignements de la communauté.

Le territoire non cédé de Wiikwemkoong, situé sur l’île Manitoulin, dans le lac Huron, a mis en place cette installation l’an dernier dans le cadre d’un vaste effort de modernisation, rapporte l’Associated Press.

Le centre conserve des enregistrements de locuteurs de la langue anichinabé, ainsi que des documents administratifs, des données sur la santé des résidents et des images de vidéosurveillance.

« Notre langue est l’un des éléments les plus importants que la plupart des Premières Nations du pays sont en train de perdre », a déclaré le chef Tim Ominika.

« L’objectif de tout cela est d’assurer la propriété, l’accès, le contrôle et la possession de nos renseignements », a-t-il ajouté.

La communauté a commencé à améliorer ses systèmes de stockage de données après qu’une inondation, en 2022, eut détruit certains dossiers numériques. Elle transfère maintenant des renseignements d’un centre de données de Microsoft situé à Toronto vers sa propre installation.

Le projet appuie également des initiatives de sécurité publique, notamment grâce à 700 caméras de surveillance et à des drones utilisés pour retrouver des personnes disparues, surveiller les activités criminelles et détecter les feux de forêt.

M. Ominika a reconnu qu’il existait « une certaine résistance » parmi les résidents préoccupés par la surveillance au moyen de drones et la protection de la vie privée.

D’autres communautés autochtones de l’Ontario et du Manitoba se sont rendues à Wiikwemkoong pour en apprendre davantage sur le projet.

Carmen Jones, directrice de la recherche et de la gestion des données des Chefs de l’Ontario, a souligné l’importance du contrôle des renseignements par les peuples autochtones.

« À mesure que davantage de renseignements sont recueillis et stockés, il est essentiel que les Premières Nations déterminent comment ces données sont consultées, gérées et utilisées », a-t-elle conclu.


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