Un centre de données de Meta pourrait rapporter 250 millions $ par année à l’Alberta

« L’Alberta est en bonne voie de devenir un acteur incontournable au cœur de la révolution de l’intelligence artificielle » a dit la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith. / TWITTER PHOTO

Meta a annoncé un investissement de 13 milliards $ pour construire son premier centre de données au Canada, une installation d’intelligence artificielle d’une capacité d’un gigawatt située dans le comté de Sturgeon, en Alberta, afin d’accroître sa capacité informatique pour répondre à la demande croissante en intelligence artificielle.

Il s’agira du 33e centre de données de l’entreprise à l’échelle mondiale. L’installation sera alimentée par de nouvelles infrastructures électriques financées par Meta dans le cadre d’un partenariat avec Pembina Pipeline.

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, s’est félicitée de cette annonce, estimant que le projet générera 250 millions $ par année en revenus pour le gouvernement provincial.

« Nous croyons que notre province peut rivaliser avec n’importe quelle administration dans le monde grâce à ce qu’elle a à offrir », a-t-elle déclaré. « L’Alberta est en bonne voie de devenir un acteur incontournable au cœur de la révolution de l’intelligence artificielle. »

Par ailleurs, un projet de centre de données consacré à l’intelligence artificielle près de Grande Prairie soulève de nouvelles questions quant à la façon dont le Canada conciliera croissance économique et pressions exercées par ces développements sur les terres, les ressources en eau et l’énergie.

Le projet de Wonder Valley AI Data Centre Park, présenté comme le plus vaste complexe de ce type au monde, fait actuellement l’objet d’une contestation judiciaire de la part de la Première Nation crie de Sturgeon Lake, qui s’inquiète notamment de l’utilisation potentielle des ressources en eau et de l’obligation de la province de consulter les communautés autochtones.

Selon Sibo Chen, professeur agrégé à l’Université métropolitaine de Toronto, l’intelligence artificielle repose sur d’importantes infrastructures physiques, plutôt que d’exister uniquement « dans le nuage », et nécessite de grandes quantités d’électricité, d’eau, de terrains et d’autres ressources.

M. Chen souligne que l’Agence internationale de l’énergie prévoit que la consommation mondiale d’électricité des centres de données alimentés par l’intelligence artificielle fera plus que doubler d’ici 2030. Il rappelle également que plusieurs reportages ont mis en lumière les préoccupations entourant la consommation d’eau de certains projets canadiens.

Selon lui, le débat entourant Wonder Valley dépasse largement les enjeux de développement économique.

Il s’agit aussi de déterminer « qui aura accès à l’eau, quel réseau électrique sera réorganisé et quelles terres et quelles ressources seront mises à la disposition des infrastructures d’intelligence artificielle ».

M. Chen estime que les gouvernements devraient faire preuve d’une plus grande transparence quant aux besoins prévus en électricité, à la consommation d’eau, aux émissions de gaz à effet de serre, aux répercussions sur l’utilisation des terres et aux processus de consultation avant d’approuver de grands projets liés à l’intelligence artificielle.


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