Les difficultés s’accumulent pour les fabricants canadiens de matériel agricole
Le gouvernement fédéral doit apporter un soutien au secteur de la fabrication de matériel agricole afin de préserver la compétitivité du Canada et sa souveraineté alimentaire, affirme Agricultural Manufacturers of Canada (AMC).
« Le secteur canadien de la fabrication de matériel agricole se trouve à un moment critique », indique l’AMC dans son mémoire prébudgétaire en vue du budget de 2026. « Grâce à un soutien fédéral ciblé et à un environnement politique stable et concurrentiel, le secteur pourra continuer de créer des emplois de qualité, d’accroître ses exportations, de renforcer la souveraineté alimentaire du Canada et de stimuler la croissance économique dans les collectivités partout au pays pour les générations à venir. »
L’AMC représente 300 fabricants de matériel agricole, dont les membres exportent chaque année plus de 4,2 milliards $ d’équipements agricoles à l’échelle mondiale.
« La reconnaissance de la fabrication de matériel agricole comme un secteur industriel stratégique renforcerait la capacité de production nationale, soutiendrait la souveraineté alimentaire du Canada, favoriserait les investissements dans les technologies de fabrication de pointe et contribuerait à assurer une croissance économique durable dans les collectivités rurales et régionales », affirme l’AMC.
Plus de 80 % des exportations canadiennes de matériel agricole sont destinées à des clients situés au sud de la frontière. Toutefois, l’incertitude commerciale et les droits de douane imposés par les États-Unis exercent une forte pression sur les entreprises canadiennes.
« Les entreprises sont contraintes de trouver d’autres fournisseurs, d’ajuster leurs stratégies de gestion des stocks et d’absorber une hausse des coûts », écrit l’AMC. « Les petites et moyennes entreprises manufacturières sont particulièrement touchées. »
L’AMC recommande au gouvernement fédéral d’examiner des mesures telles que des crédits d’impôt, des prêts à faible taux d’intérêt, une aide financière directe et un soutien à la transition vers de nouveaux marchés d’exportation pour les entreprises touchées. L’organisation demande également au gouvernement de défendre l’élimination de ces droits de douane lors de toute négociation future avec les États-Unis.
En plus de tout le reste, une pénurie de travailleurs qualifiés
Outre les pressions découlant des droits de douane américains, le secteur de la fabrication de matériel agricole fait face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
« Les fabricants canadiens manquent de plus en plus de techniciens en automatisation, de spécialistes des systèmes de contrôle et de travailleurs spécialisés dans les métiers techniques de pointe », souligne l’AMC. « Sans des investissements ciblés adéquats, le Canada risque de prendre du retard par rapport à ses concurrents mondiaux, qui développent activement les technologies agricoles et les capacités de fabrication avancée. »
Même si des initiatives comme la campagne Careers in Ag de l’AMC ont contribué à susciter un intérêt accru pour les carrières dans le secteur agroalimentaire, d’importantes lacunes persistent.
Pour y remédier, l’AMC recommande au gouvernement fédéral « d’accroître le financement des programmes de formation et d’éducation visant à préparer la prochaine génération de travailleurs qualifiés du secteur agricole », en particulier ceux qui « intègrent les techniques agricoles modernes, les technologies agricoles, la gestion environnementale et la gestion des entreprises ».
En plus de mettre en œuvre des mesures d’allègement liées aux droits de douane et de renforcer la main-d’œuvre du secteur agroalimentaire, l’AMC estime que le gouvernement doit élaborer une politique globale sur le droit à la réparation qui « préserve la capacité des agriculteurs à entretenir et réparer leur équipement tout en protégeant la sécurité, la cybersécurité, la propriété intellectuelle et l’innovation ».
« Le matériel agricole moderne n’est plus uniquement mécanique », souligne l’AMC. « Une approche universelle en matière de droit à la réparation risque d’entraîner des conséquences imprévues pour la productivité des exploitations agricoles, la sécurité des opérateurs, la protection des données et l’intégrité des équipements. »
