L’investissement dans l’agriculture canadienne est essentiel à la croissance économique et à la sécurité : Hendricks, Sunstrum

« L'agriculture et l'alimentation ne constituent pas seulement une opportunité pour les villes, mais aussi pour les campagnes », a déclaré Justine Hendricks, la cheffe de la direction de Financement agricole Canada, lors d'un récent événement organisé par le Canadian Club de Toronto. / CAPTURE D'ÉCRAN

Le Canada doit investir dans son industrie agricole et alimentaire s’il souhaite conserver son statut de chef de file mondial, affirme la cheffe de la direction de Financement agricole Canada, Justine Hendricks.

« La calorie canadienne peut faire avancer l’économie canadienne. C’est l’occasion pour le Canada et le secteur agroalimentaire de devenir le superhéros dont le monde a besoin et qu’il souhaite », a déclaré Mme Hendricks lors d’un panel sur les investissements agricoles organisé par le Canadian Club de Toronto le 1er juin.

Plutôt que de considérer l’industrie uniquement comme un moyen de nourrir les Canadiens, Mme Hendricks soutient que le secteur agroalimentaire canadien doit viser un impact mondial. « C’est un secteur qui a la capacité de résoudre quatre grands problèmes mondiaux : la santé, la faim, le climat, tout en étant un moteur majeur de croissance économique. Non seulement il peut le faire, mais il peut accomplir les quatre simultanément. »

Le Canada doit utiliser ses ressources judicieusement

Dans son discours d’ouverture du panel, Laura Arrell, directrice générale de la Fondation de la famille Arrell, a parlé des ressources naturelles du Canada, soulignant que le pays détient 30 % de l’eau douce mondiale.

« Nous devons utiliser ces ressources judicieusement pour créer des emplois et de la prospérité, tout en atténuant les changements climatiques et en soutenant la sécurité alimentaire nationale », a déclaré Mme Arrell.

Bien que le Canada possède 20 % de l’eau douce mondiale dans ses lacs, cette ressource est souvent non renouvelable. Selon le programme de gouvernance de l’eau de l’Université de la Colombie-Britannique, le Canada ne détient que 6,5 % de l’approvisionnement mondial en eau douce renouvelable.

L’agriculture comme « opportunité rurale »

Le secteur agroalimentaire canadien représentait 7 % du PIB en 2024 et a augmenté de 14,3 milliards $ entre 2021 et 2024. Selon Mme Hendricks, cette croissance rapide en fait une occasion lucrative pour les investisseurs. « Si l’on regarde les dix dernières années, le secteur agroalimentaire canadien a en réalité mieux performé que l’économie canadienne », a-t-elle fait valoir.

Elle a également affirmé que cette performance peut profiter autant aux Canadiens des régions rurales qu’urbaines. « L’agriculture et l’alimentation ne sont pas seulement une opportunité urbaine, c’est aussi une opportunité rurale », a-t-elle dit. « On ne peut pas avoir un transformateur performant si l’on ne peut pas s’approvisionner. Ces intrants proviennent souvent de petites communautés rurales. »

L’alimentation doit être considérée comme un « levier stratégique »

Le panel comprenait également Alison Sunstrum, associée directrice chez NYA Ventures, et était animé par Evan Fraser, directeur exécutif de l’Arrell Food Institute de l’Université de Guelph.

Mme Sunstrum a souligné l’opportunité internationale que représente le potentiel agricole du Canada dans un contexte de demande alimentaire croissante.

« Lorsque nous avons des forces dans des domaines comme la production alimentaire, la transformation et la mise en marché, ainsi que des mécanismes commerciaux sophistiqués, nous avons une véritable puissance qui ne fera que croître », a-t-elle affirmé.

Mme Hendricks a aussi insisté sur l’importance d’investir dans les entreprises canadiennes afin de les aider à démarrer et à demeurer au pays. « Si vous voulez améliorer la productivité… il faut investir, car ces idées doivent pouvoir passer à l’échelle, être commercialisées, puis encore mises à l’échelle », a-t-elle expliqué. « Nous devons mettre davantage l’accent sur les investissements en technologie et en innovation afin de faire rayonner les idées canadiennes, non seulement au Canada, mais aussi à l’échelle mondiale. »


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