Le pipeline vers le Pacifique n’est qu’une autre illusion de Carney, affirme Poilievre
Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, photographié lors de la conférence « Canada Strong and Free Networking ». / PHOTO TWITTER
Le chef conservateur Pierre Poilievre a accusé le premier ministre Mark Carney d’adopter les politiques conservatrices sans les mettre en œuvre, profitant de son discours principal à la conférence Canada Strong and Free Networking du 7 mai pour critiquer le bilan énergétique et économique du gouvernement libéral.
Selon M. Poilievre, M. Carney s’est contenté de rebaptiser la taxe sur le carbone plutôt que de l’abolir.
« Il n’a pas éliminé la taxe sur le carbone. Il lui a simplement donné un nouveau nom : la Norme sur les combustibles propres. »
Il a ajouté que le système canadien de tarification du carbone industriel désavantage le pays par rapport aux autres producteurs de pétrole.
Il a cité des commentaires d’Enbridge et de Cenovus selon lesquels cette politique pourrait compromettre le développement futur d’oléoducs vers la côte Pacifique.
Tout au long de son discours, M. Poilievre a soutenu que les vastes ressources naturelles du Canada devraient faire du pays l’un des plus riches et des plus abordables au monde. Il a notamment évoqué les réserves canadiennes de pétrole, de gaz naturel, d’uranium et de potasse, ainsi que l’accès stratégique du pays aux marchés asiatiques et européens grâce à ses côtes maritimes.
Malgré ces avantages, il estime que les Canadiens continuent de faire face à des coûts élevés en matière de logement et d’alimentation.
M. Poilievre a accusé M. Carney de ne pas avoir abrogé les lois « anti-développement » adoptées sous l’ancien premier ministre Justin Trudeau.
« Il a adopté une nouvelle loi qui lui permet de contourner les anciennes, mais il ne l’a utilisée pour approuver aucun projet, pas un seul », a déclaré M. Poilievre.
Il a également rejeté la perspective d’un pipeline vers le Pacifique, affirmant que le projet ne possède actuellement : « ...ni tracé, ni permis, ni constructeur, ni investisseur, ni point de départ, ni point d’arrivée, ni date de début, ni date de fin. »
M. Poilievre a aussi reproché à M. Carney de ne pas soutenir clairement un pipeline vers la côte Pacifique, lequel permettrait selon lui au Canada d’exporter jusqu’à 30 milliards de dollars de pétrole brut par année vers les marchés internationaux.
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, qui participait également à la conférence, a souligné la nécessité de nouvelles infrastructures énergétiques afin de diversifier les relations commerciales du Canada et d’accroître ses exportations au-delà des États-Unis.
Selon elle, un pipeline vers la côte ouest de la Colombie-Britannique démontrerait aux Albertains que « le Canada peut fonctionner. »
Elle a soutenu que la stratégie énergétique de l’Ouest canadien devrait miser à la fois sur les échanges nord-sud et sur l’accès aux marchés asiatiques.
D’après Mme Smith, le gaz naturel canadien exporté à partir de la côte ouest pourrait atteindre l’Asie en huit à dix jours, soit environ deux semaines plus rapidement que les exportations américaines transitant par la côte du Golfe du Mexique et le canal de Panama.
Elle a indiqué que cet avantage est devenu un argument important dans les discussions avec des partenaires asiatiques et européens.
Mme Smith a également souligné les possibilités d’exportation existantes via la côte américaine du Golfe, soulignant que la Pologne achète déjà du gaz canadien acheminé par des infrastructures américaines.
Elle a salué la décision du premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, d’ouvrir davantage le marché provincial du gaz naturel, estimant que de nouveaux projets de forage pourraient répondre à la demande intérieure tout en soutenant les exportations vers l’Europe.
Elle a ajouté que le projet Énergie Saguenay, proposé au Québec, pourrait constituer une autre voie d’exportation vers l’Europe tout en réduisant la dépendance de la province au gaz naturel américain.
Selon Mme Smith, une meilleure coopération entre les provinces en matière de pipelines et de projets énergétiques pourrait débloquer des milliards de dollars d’investissements et marquer un nouveau chapitre dans le développement des ressources naturelles canadiennes après des années de tensions avec le secteur pétrolier et gazier albertain.
Concernant la tarification du carbone, elle a défendu le système en place en Alberta, affirmant qu’il a favorisé les investissements dans le captage du carbone, la géothermie, le lithium et l’hydrogène.
Elle a également insisté sur l’importance de préserver la relation commerciale du Canada avec les États-Unis, avertissant que le pays doit demeurer concurrentiel par rapport aux politiques américaines afin de continuer à attirer les investissements.
