Des changements aux bourses étudiantes pourraient affecter les communautés rurales et éloignées

« Les possibilités dans les régions plus rurales du pays peuvent être limitées, et il est important de ne pas nuire à ceux qui cherchent à vivre, travailler et s’épanouir chez eux », affirme la députée conservatrice Carol Anstey, au sujet des changements à l’admissibilité aux bourses étudiantes. / FACEBOOK PHOTO

Des modifications à l’admissibilité aux bourses fédérales pour étudiants pourraient avoir des conséquences importantes pour les communautés rurales, éloignées et côtières, en particulier à Terre-Neuve-et-Labrador, selon la députée conservatrice Carol Anstey.

« L’aide financière pour les étudiants issus de communautés rurales, éloignées et côtières, où l’accès est limité et où le coût des études postsecondaires est souvent plus élevé, est extrêmement importante », a-t-elle déclaré lors du débat sur une motion visant à adopter un rapport du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées.

Le rapport, lié à l’étude du comité sur la répartition des bourses fédérales aux étudiants, demandait au « gouvernement de reconsidérer sa politique de distribution des bourses en fonction du type d’établissement réglementé fréquenté par les étudiants. Le gouvernement fédéral devrait s’aligner sur les décisions des provinces et des territoires concernant les établissements admissibles. »

Le budget 2025 a apporté des changements au Programme canadien de bourses aux étudiants, prévoyant que les bourses soient désormais accordées aux étudiants à temps plein fréquentant des établissements publics et des établissements privés sans but lucratif, mais non plus aux établissements postsecondaires privés comme les collèges de carrière et les écoles professionnelles.

Anstey a insisté sur l’importance de maintenir l’accès pour les étudiants vivant à l’extérieur des grands centres urbains. Elle a averti que de nombreux étudiants dépendent des bourses pour poursuivre des études qui ne sont pas toujours offertes localement, et a soutenu que limiter l’admissibilité selon le type d’établissement pourrait réduire l’accès à des parcours de formation étroitement liés aux besoins du marché du travail régional.

Anstey, qui représente Long Range Mountains (T.-N.-L.), a également lié cet enjeu à des pressions démographiques et économiques plus larges dans sa province, notamment les pénuries de main-d’œuvre et le vieillissement de la population. Elle a affirmé que cette politique pourrait décourager la participation à des programmes de formation pratiques permettant aux étudiants d’intégrer rapidement le marché du travail.

« Retirer l’admissibilité aux bourses pour ces collèges de carrière découragera les inscriptions, augmentera les obstacles financiers et limitera les possibilités pour les Canadiens à revenu faible et moyen qui cherchent à améliorer leur situation grâce à l’éducation », a-t-elle déclaré.

Elle a cité des établissements de Terre-Neuve-et-Labrador comme Academy Canada et Keyin College comme exemples de fournisseurs réglementés offrant des formations axées sur l’emploi et adaptées à la demande locale, particulièrement dans les communautés rurales où les options sont limitées.

Anstey a également partagé son expérience personnelle, expliquant comment un programme axé sur la carrière lui a permis de trouver un emploi local après avoir constaté que son diplôme universitaire ne correspondait pas aux emplois disponibles dans sa communauté d’origine. « Il s’agissait d’un programme pratique, axé sur la carrière, qui m’a permis d’intégrer le marché du travail avec les compétences nécessaires pour subvenir aux besoins de ma famille », a-t-elle expliqué.

« Les possibilités dans les régions plus rurales du pays peuvent être limitées, et il est important de ne pas nuire à ceux qui cherchent à vivre, travailler et s’épanouir chez eux. Limiter l’accès aux bourses étudiantes pour ces établissements aura des effets disproportionnés sur ces communautés où les possibilités sont déjà plus difficiles d’accès. Ces établissements font partie d’un système postsecondaire plus large et collaboratif. Ils sont réglementés au niveau provincial, fonctionnent selon des cadres établis et travaillent aux côtés des établissements publics pour répondre aux besoins du marché du travail local. »

Anstey a également souligné le problème plus large de la rétention des jeunes dans les régions rurales. « Trop souvent, nos jeunes quittent leur foyer, leur famille et leur communauté pour aller sur le continent afin de poursuivre leurs études. La dure réalité est que, dans bien des cas, ils ne reviennent jamais », a-t-elle fait valoir. « Les possibilités dans les régions plus rurales du pays peuvent être limitées, et il est important de ne pas nuire à ceux qui cherchent à vivre, travailler et s’épanouir chez eux. Limiter l’accès aux bourses étudiantes pour ces établissements aura des effets disproportionnés sur ces communautés où les possibilités sont déjà plus difficiles d’accès. Ces établissements font partie d’un système postsecondaire plus large et collaboratif. Ils sont réglementés au niveau provincial, fonctionnent selon des cadres établis et travaillent aux côtés des établissements publics pour répondre aux besoins du marché du travail local. »

Elle a soutenu que les politiques fédérales devraient mieux refléter les systèmes provinciaux et les réalités régionales afin d’éviter d’accentuer les écarts en matière d’accès à l’éducation et aux possibilités dans le Canada rural.


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