Il est temps de réaliser le rêve national d'une économie canadienne unie
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Lisa Raitt, Scott Brison et Frank McKenna sont assis dans leurs bureaux d'investisseurs bancaires de Bay Street, et ils ont le Canada rural en tête. Nous dirions « enfin », mais ces trois ont grandi dans ces communautés. Pour beaucoup, cependant, en particulier ceux qui vivent dans les centres urbains, nous entrons dans une nouvelle ère. Lisa, Scott et Frank savent que pour construire et réaliser de grandes choses, et pour parvenir à « une économie canadienne unie », ce sont les communautés rurales — leur mode de vie, leurs habitants et leurs richesses — qui transformeront un slogan en réalité pour chaque Canadien.
Si nous devions parier, nous dirions que les anciens banquiers du gouvernement le savent aussi.
L'économie rurale et le mode de vie qui l'anime doivent non seulement prospérer, mais aussi être au cœur de toutes les décisions prises par Ottawa. Des impôts des entreprises reçus grâce aux entrepreneurs jusqu’aux soins de santé. De l'achat de services numériques jusqu’au transport des marchandises canadiennes d'un point A à un point B selon les volumes dont le monde a besoin et dont nous disposons, et ce, dans les délais assumés (ou mieux). De réglementations souples qui permettent d'avancer et récompensent la prise de risques plutôt que de l’empêcher, aux infrastructures physiques et humaines qui soutiennent l’exportations. Tout commence dans les régions rurales du Canada.
La fête du Canada 2025 fait suite à l'adoption de la Loi visant à bâtir le Canada par le Parlement canadien. Elle renforce un des piliers du programme « Un Canada fort » des libéraux, qui reposait pendant la campagne électorale sur la nécessité absolue de renforcer la résilience économique du Canada à un moment où nos relations en matière économique et sécuritaire se fracturent sous l'effet de pressions diverses et perturbatrices.
Si cela fonctionne comme le parie le premier ministre Mark Carney (et plus de 70 % des Canadiens l'espèrent, selon un récent sondage Angus Reid), cela devrait contribuer à établir de meilleures règles afin que le gouvernement puisse investir judicieusement. Cela encouragera également les entreprises à investir davantage, contribuant ainsi à la construction d'importantes routes, voies ferrées et voies commerciales qui font croître notre économie et relient le pays et nous-mêmes au reste du monde.
Ce que les Canadiens des régions rurales – et, par extension, nous tous – attendent de ces projets, c'est la preuve, enfin, que le gouvernement fédéral, avec toute la force de ses institutions, comprend véritablement le potentiel encore inexploité du Canada rural. Il est essentiel que le premier ministre et le gouvernement, à tous les niveaux, traitent les Canadiens des régions rurales comme des partenaires essentiels à la mise en œuvre d'une économie canadienne unie.
Pour parvenir à une économie canadienne unie, les libéraux doivent voir plus loin que les circonscriptions où ils élisent leurs députés.
Les Canadiens des régions rurales sont les héros méconnus de l'extraordinaire réussite du Canada. Le Canada rural représente déjà 30 % de notre production nationale. De plus, nous dépendons des exportations du Canada rural pour alimenter notre croissance : les exportations de ressources naturelles du Canada ont été évaluées à 422 milliards $ en 2022, soit 58 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Canada.
Tout provient du Canada rural : des minéraux essentiels qui alimenteront les véhicules électriques, les énergies propres et les téléphones cellulaires, aux vastes espaces nécessaires pour accueillir l'épine dorsale de nos réseaux numériques sans fil nationaux, en passant par l'énergie solaire et éolienne, la potasse qui aide le monde à produire plus de nourriture, y compris celle que nos agriculteurs canadiens exportent à l'échelle mondiale, le bois qui servira à construire les maisons dont nous avons besoin pour mettre fin à la crise du logement, ainsi que le pétrole, le gaz et l'électricité qui alimenteront les nouveaux centres de données à haute puissance alimentés par l'IA. N'oublions pas les coopératives agricoles, financières et autres qui sont au cœur de leurs communautés, ni les entreprises technologiques qui alimentent les soins de santé virtuels et bien d'autres services dans les régions éloignées. Elles aussi ont vu le jour dans le Canada rural.
Cela a été trop facilement oublié au fil du temps, à mesure que le Canada s'urbanisait rapidement et que les gouvernements, en particulier les gouvernements libéraux, remportaient de plus en plus les élections grâce aux votes des citadins et des banlieusards, avec une vision implicitement urbaine/suburbaine de l'élaboration des budgets et des politiques.
À l'heure où nous entrons dans cette nouvelle phase de construction de la nation canadienne, les libéraux doivent non seulement transformer notre économie, mais aussi élargir leur champ d'action au-delà des circonscriptions où ils font élire leurs députés. Cela exigera qu'une perspective rurale explicite soit appliquée à toutes les décisions du Cabinet et des ministères. Cela signifie qu'il faudra évaluer de manière proactive toutes les décisions gouvernementales en fonction de leur capacité à répondre aux besoins des régions rurales, à relever les défis auxquels elles sont confrontées et à créer des opportunités pour elles.
Cela signifie mettre fin à notre dépendance économique excessive à l'égard des États-Unis en collaborant avec les provinces et les territoires pour faire croître notre économie sans compromettre les objectifs de durabilité et de réconciliation avec les Autochtones. Cela signifie également déployer des efforts sérieux pour réduire la bureaucratie, la réglementation excessive, les procédures d'octroi de licences interminables et les autres obstacles qui nous freinent sans cesse. Et cela signifie enfin renforcer, consolider et même pérenniser nos chaînes d'approvisionnement et nos infrastructures physiques et humaines liées à l'exportation. Le ton donné par le premier ministre et les premiers ministres provinciaux, comme Doug Ford, nous dit que nous pouvons y arriver et que nous y arriverons.
Prenons tous la résolution de réaliser notre rêve national
Le Canada est arrivé à un tournant historique rare où il existe un large consensus politique sur la manière de relever les défis économiques continentaux et mondiaux. Les régions rurales du Canada nourrissent l'espoir que le gouvernement Carney adoptera l'aspiration qui est chère au cœur des Canadiens ruraux depuis la Confédération. Pour eux, « une économie canadienne » a toujours été un rêve. Depuis des générations, ils ont compris qu'il ne peut y avoir qu'une seule économie canadienne, et non des économies rurales et urbaines distinctes. Et il ne fait aucun doute qu'au fil des générations, ils ont contribué à façonner des résultats destinés à servir tous les Canadiens. Ils jugeront le premier ministre sur sa capacité à bâtir un « Canada fort », qui soit, au fond, un « Canada rural fort », non pas comme un slogan, mais comme un impératif.
En cette fête du Canada, ces banquiers de Bay Street savent que deux groupes d'électeurs essentiels les observent : ceux qui vivent « chez eux », dans les régions rurales du Canada, et le monde entier. Ils ont besoin de voir que nous sommes vraiment déterminés à tenir toutes nos promesses économiques nationales et que, en tant que pays, nous pouvons tout accomplir si nous nous en donnons les moyens.
Mais ils n'attendront pas longtemps.
