Vous pensez que les collectivités rurales sont épargnées par la criminalité ? Vous avez « complètement tort »
Le Canada rural est confronté à d’importants défis en matière de services policiers et de services publics en raison de sa géographie, de ses ressources limitées et de son éloignement des grands centres de population.
« De nombreux Canadiens ont tendance à idéaliser le Canada rural et éloigné. Moins d’un Canadien sur cinq vit à l’extérieur de nos villes, concentrées près de la frontière américaine. Ceux d’entre nous qui vivent en ville peuvent avoir tendance à considérer le Canada rural comme relativement épargné par la criminalité. L’idée selon laquelle les villes sont aux prises avec la criminalité, tandis que les régions rurales et éloignées en sont relativement exemptes est, hélas, complètement fausse au Canada », écrit Kent Roach dans son nouveau livre, Red Alert : The Future of the RCMP.
Un extrait publié dans The Walrus souligne que les collectivités rurales sont souvent perçues comme relativement sûres, même si, en 2023, le taux de criminalité signalée à la police était 34 % plus élevé dans les régions rurales du Canada que dans les régions urbaines.
La criminalité en milieu rural est également plus susceptible d’être associée à la violence et aux armes à feu, tandis que les actes de violence contre les femmes sont signalés à la police à un taux deux fois supérieur à celui observé dans les villes. Bien que la plupart des homicides surviennent dans les zones urbaines, le taux d’homicides par habitant est plus élevé dans les collectivités rurales, particulièrement dans les régions nordiques éloignées, écrit-il.
Parallèlement, les collectivités rurales et éloignées sont confrontées à bon nombre des mêmes problèmes liés aux drogues et à la santé mentale que les villes, mais elles ont accès à moins de ressources policières et de santé. Roach décrit les services de police contractuels de la GRC comme particulièrement difficiles à assurer, puisque les agents doivent couvrir de vastes territoires géographiques, souvent avec une connaissance limitée du contexte local, ainsi qu’un accès restreint à la technologie et des effectifs insuffisants.
Il existe un « biais urbain » dans l’élaboration des politiques publiques canadiennes, affirme Roach, en faisant référence au rapport de la Commission des pertes massives. Il souligne que les collectivités rurales n’ont pas bénéficié d’une attention ni de ressources équivalentes pour les services publics essentiels.
Les services de police contractuels ont traditionnellement été présentés comme avantageux sur le plan financier plutôt qu’en fonction de la « qualité des services policiers », écrit Roach, ce qui soulève des questions quant à savoir si les résidents des régions rurales reçoivent des services comparables à ceux offerts dans les régions urbaines du Canada.
« La géographie demeure une dure réalité de la vie dans les régions rurales et éloignées du Canada », écrit-il.
