Le moment est venu d’intégrer une perspective rurale aux politiques publiques

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La consultation du gouvernement fédéral sur un nouveau Plan d’action pour le développement rural a fait entendre un message clair : les régions rurales du Canada veulent plus qu’une simple reconnaissance. Elles veulent des politiques et des programmes qui tiennent compte des réalités des communautés rurales, éloignées, nordiques et autochtones.

Cela signifie qu’Ottawa doit faire plus que créer une stratégie rurale. Il doit adopter une perspective rurale dans l’ensemble de ses processus décisionnels.

C'est exactement cela que réclame le Groupe pour la promotion de la prospérité rurale : les considérations propres aux régions rurales devraient faire partie de toute décision importante en matière de politiques et de réglementation — et non être ajoutées après coup, servir simplement de case régionale à cocher ou être prises en compte une fois qu’un programme est déjà mis au point.

La consultation fédérale vient renforcer ce constat. Plus de 2 800 personnes y ont participé et ont demandé des approches adaptées aux réalités locales, un accès simplifié au soutien fédéral, un renforcement des capacités locales et des investissements qui permettent de maintenir la richesse, les emplois, les infrastructures et le pouvoir décisionnel dans les collectivités.

Les collectivités rurales fournissent les aliments, l’énergie, les ressources naturelles, la main-d’œuvre et les infrastructures essentielles dont dépendent les Canadiens et notre économie. Le Canada compte plus de 4 000 diverses collectivités rurales, qui représentent plus du quart de la population et contribuent à plus de 25 % du produit intérieur brut du pays.

Pourtant, trop souvent, les politiques sont conçues à partir de réalités urbaines, après quoi on attend des collectivités rurales qu'elles trouvent elles-mêmes le moyen de les adapter.

Une perspective rurale permettrait de renverser cette approche.

Les solutions imposées d’en haut ne fonctionneront pas nécessairement à l’échelle locale

Avant de lancer un nouveau programme, un règlement ou un investissement, le gouvernement devrait se demander si cela répond-il réellement aux besoins des régions rurales, ou s'il s'agit d’une solution imposée d’en haut qui ne fonctionnera pas localement ? Des indicateurs propres aux réalités rurales ont-ils été appliqués dans la planification ? Les retombées économiques resteront-elles dans la collectivité ?

Ces questions sont importantes, car les collectivités rurales ne sont pas simplement des bénéficiaires des politiques gouvernementales. Ce sont elles qui contribuent à bâtir l’avenir du Canada.

La consultation l’a clairement démontré. Les participants souhaitent des initiatives appartenant aux collectivités, une prise de décision locale, un financement prévisible et une mesure de la réussite fondée sur ce que les collectivités peuvent conserver et maintenir à long terme, plutôt que simplement sur des résultats à court terme.

Le futur Plan d’action pour le développement rural offre l’occasion de mettre ces principes en pratique. Mais sa réussite devrait ultimement être évaluée selon la capacité de la perspective rurale à dépasser le cadre d’un seul plan et à devenir partie intégrante de la façon dont Ottawa gouverne.

Le Canada ne peut pas bâtir une économie forte et résiliente tout en traitant les collectivités rurales comme un enjeu secondaire.

Si les collectivités rurales sont essentielles à la prospérité du Canada, les considérations rurales doivent être au cœur des politiques fédérales.

Le moment est venu d’adopter une perspective rurale.


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