Epp promet de défendre les régions rurales et éloignées

« Le Canada rural est la colonne vertébrale de notre pays : ses communautés nourrissent la nation, sont le moteur de notre économie, gèrent nos ressources naturelles et incarnent les valeurs de travail acharné, de résilience et d’innovation qui définissent le Canada », déclare le député conservateur Dave Epp. / PHOTO FACEBOOK

La prochaine stratégie de développement économique rural du gouvernement libéral devrait mettre l’accent sur la réduction du fardeau réglementaire et adopter une approche économique favorisant la qualité de vie tout en stimulant le PIB, estime le député conservateur Dave Epp, récemment nommé porte-parole de son parti en matière de développement rural.

« La rapidité de nos processus réglementaires doit s’améliorer et ceux-ci doivent être simplifiés », a-t-il déclaré au Le point sur le Canada rural, ajoutant qu’il fallait également remédier au chevauchement des responsabilités entre les organismes de réglementation fédéraux et provinciaux.

Dans un communiqué publié après sa nomination, M. Epp a affirmé être « profondément honoré et reconnaissant » d’assumer ce nouveau rôle.

« C’est une excellente occasion de représenter et de défendre non seulement les citoyens de Chatham–Kent–Leamington, mais aussi les Canadiens vivant dans les régions rurales et éloignées d’un océan à l’autre. Le Canada rural est l’épine dorsale de notre pays : ses collectivités nourrissent la nation, alimentent notre économie, veillent sur nos ressources naturelles et incarnent les valeurs de travail acharné, de résilience et d’innovation qui définissent le Canada. »

Il a indiqué vouloir se concentrer sur « l’ensemble des enjeux qui façonnent la vie en milieu rural », notamment l’agriculture et l’agroalimentaire, les infrastructures, la protection de l’environnement, les partenariats avec les peuples autochtones, la connectivité, l’éducation, les soins de santé, le logement abordable, le développement économique, le transport et bien d’autres dossiers.

« C’est un peu ironique de parler de concentration tout en énumérant une vingtaine de domaines », a-t-il reconnu. « J’essaie de trouver un enjeu de développement rural au Canada qui ne chevauche pas un autre portefeuille… et je n’en trouve pas. »

Élu pour la première fois en 2019, M. Epp a auparavant été porte-parole conservateur en matière d’agriculture et d’agroalimentaire. Avant de faire de la politique, il a présidé Agricorp, représenté les régions de l’Ontario et du Québec au sein de la Banque canadienne de grains alimentaires (Canadian Foodgrains Bank) et dirigé l’Association des producteurs ontariens de légumes de transformation. Comme député, il siège au Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes et s’est notamment intéressé aux enjeux liés aux eaux intérieures, comme l’érosion des berges et la qualité de l’eau.

La tarification industrielle du carbone demeure un « obstacle »

Concernant les efforts du gouvernement fédéral visant à bâtir une économie nationale plus intégrée dans un contexte d’incertitude commerciale, M. Epp estime que la tarification industrielle du carbone continue d’exercer une pression financière sur les Canadiens vivant en milieu rural et nuit à la compétitivité des entreprises canadiennes par rapport à leurs concurrentes américaines.

« Oui, la taxe sur le carbone appliquée aux consommateurs a été supprimée, mais la tarification industrielle du carbone demeure », a-t-il déclaré, la qualifiant « d’obstacle à double titre » : elle augmente les coûts des intrants au Canada tout en réduisant la capacité des industries à valeur ajoutée de faire concurrence sur les marchés internationaux.

M. Epp a également désigné l’élimination des barrières au commerce interprovincial comme une priorité immédiate. Selon lui, leur suppression ferait croître le PIB de 7 %. Il a appelé à « un leadership fédéral plus fort » dans ce dossier.

Il soutient également que les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux doivent définir plus clairement leurs champs de compétence afin d’éviter les dédoublements de services.

« Il n’y a qu’un seul contribuable », a-t-il affirmé. « Les gouvernements ne devraient pas empiéter sur les compétences des autres. »

Selon lui, le déficit en infrastructures dans les régions rurales doit aussi être comblé.

« Les infrastructures sont également nécessaires dans les centres urbains, mais lorsqu’on parle d’oléoducs ou de ponts ferroviaires — pensons au pont ferroviaire de Vancouver, situé au cœur de l’une des plus grandes régions métropolitaines du Canada — il s’agit aussi d’un enjeu de développement économique rural. Il n’existe qu’un seul pont pour acheminer une grande partie des exportations des Prairies jusqu’au port. C’est une question de développement rural. »

Il a indiqué au Point sur le Canada rurale qu’il consacre l’été à consulter les Canadiens vivant dans les régions rurales et éloignées.

À la question de savoir si le gouvernement devrait adopter une perspective rurale dans l’élaboration des politiques publiques, il a répondu sans hésiter :

« Absolument. »

Dans son communiqué, il a ajouté :

« Les Canadiens des régions rurales méritent un gouvernement qui comprend leur réalité et qui propose des solutions concrètes. Lorsque le Canada rural prospère, c’est tout le Canada qui en bénéficie. »


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