« Visiter, écouter, apprendre » : le Canada rural s'adresse aux décideurs
Les voix rurales sont rarement entendues dans les processus décisionnels provinciaux ou nationaux. Il est important que les décideurs passent du temps dans les communautés rurales, s'impliquent directement auprès des dirigeants et des résidents locaux, et conçoivent des solutions fondées sur l'expérience rurale vécue plutôt que sur des hypothèses urbaines.
C'est ce que nous ont dit les dirigeants et les intervenants des zones rurales dans notre sondage, et nous l'avons réitéré dans notre contribution à la consultation du gouvernement sur son Plan d'action pour le Canada rural.
Lorsqu'on leur a demandé quelles étaient les trois principales mesures que les gouvernements pouvaient prendre pour aider les communautés rurales à prospérer, outre les investissements dans les transports, l'éducation, la formation professionnelle et des infrastructures numériques fiables, les répondants ont répondu « visiter, écouter, apprendre ».
Un répondant a souligné qu'il fallait multiplier « les occasions pour les employés fédéraux en dehors d'Ottawa d'élargir leur perspective au gouvernement et de mieux représenter les Canadiens ».
Il est à noter que de nombreux répondants ont fait valoir qu'une politique efficace commence par une présence.
« Les seules occasions où je vois des représentants ruraux s'exprimer activement (lors de conférences, par exemple) sont lors d'événements conçus POUR les communautés rurales, presque jamais dans le cadre de conférences et d'événements qui concernent des questions nationales », a déclaré un répondant.
Les deux tiers des répondants ont convenu que les liens économiques entre les zones urbaines et rurales sont souvent plus symboliques que substantiels, et que des progrès significatifs nécessitent un suivi soutenu, des indicateurs spécifiques aux zones rurales et une responsabilisation quant aux résultats.
Cela renforce la nécessité d'un changement structurel dans la manière dont les décisions sont prises, et non seulement dans les décisions qui sont prises.
À la question de savoir si toutes les politiques fédérales devraient tenir compte de la perspective rurale, 100 % des répondants ont répondu affirmativement. Les répondants ont soulevé des expériences répétées où les politiques conçues pour la densité urbaine ne peuvent être transposées au milieu rural, qu'il s'agisse de la prestation des soins de santé, des seuils de financement des infrastructures, des programmes de main-d'œuvre, des règles d'approvisionnement ou de la conformité réglementaire. Ces lacunes non seulement limitent l'efficacité, mais découragent activement les investissements et la participation aux initiatives fédérales.
En plus de réitérer les préoccupations des dirigeants ruraux, le Groupe pour la promotion de la prospérité rurale a souligné dans sa soumission plusieurs enjeux clés, notamment la nécessité d'améliorer l'accès aux soins de santé, les transports et les infrastructures, et de réduire les contraintes réglementaires qui pèsent de manière disproportionnée sur les petits exploitants et les exploitants ruraux. Prises ensemble, ces préoccupations soulignent l'importance de tenir compte d'une perspective rurale à toutes les politiques publiques afin de garantir qu'aucune réglementation, aucun programme ou aucune politique fédérale future, qu'il soit national ou international, ne nuise au Canada rural.
Nous avons hâte de collaborer avec le gouvernement fédéral sur le Plan d'action pour le Canada rural.
