Le Canada rural reçoit enfin l’attention qu’il mérite
Vue aérienne de Trail, en Colombie-Britannique, dans la région de Kootenay. / PHOTO ISTOCK
La session parlementaire du printemps a été bien remplie : le gouvernement a publié plusieurs stratégies et les députés ont débattu d’enjeux touchant le Canada rural sur tous les fronts. Nous sommes heureux de constater que les collectivités rurales reçoivent enfin l’attention qu’elles méritent dans les politiques publiques nationales.
Le gouvernement a publié une stratégie de sécurité alimentaire qui reconnaît le rôle du Canada rural dans la préservation de la souveraineté alimentaire. Il a annoncé un investissement de 100 millions $ sur sept ans afin d’accroître la production alimentaire locale dans les collectivités rurales et nordiques. Selon le gouvernement, cette mesure « appuiera les collectivités rurales et nordiques dans l’élaboration et la mise en œuvre de solutions les mieux adaptées à leurs défis particuliers ».
La stratégie souligne également que : « Les carrefours alimentaires sont particulièrement importants dans les régions rurales et éloignées, y compris les collectivités nordiques et arctiques, car ils permettent de surmonter les longues distances et les coûts élevés de transport en regroupant l’offre locale, en réduisant le gaspillage et en améliorant l’accès fiable à des aliments frais et produits localement. »
Le Groupe pour la prospérité rurale accueille favorablement cette reconnaissance et cet investissement, qui témoignent de la nécessité d’intégrer une perspective rurale dans toutes les politiques publiques.
Par ailleurs, le gouvernement a publié sa stratégie L’IA pour tous. Malheureusement, cette stratégie ne tient pas suffisamment compte des besoins du Canada rural. Bien que le gouvernement investisse dans la littératie en intelligence artificielle et collabore avec les bibliothèques publiques « afin d’apporter des initiatives de littératie en IA dans chaque collectivité, particulièrement dans les régions rurales, éloignées et nordiques », la stratégie ne reconnaît pas de façon significative que les collectivités rurales seront celles qui soutiendront la révolution de l’IA grâce à l’implantation de vastes centres de données essentiels à son succès.
« À l'heure où la consommation mondiale d’électricité des centres de données devrait plus que doubler, d’ici 2030, l’endroit où cette infrastructure est construite et la manière dont elle l’est revêtent une importance considérable », indique la stratégie. « À mesure que la demande en capacité de calcul pour l’IA augmentera, l’approche du Canada consistera à associer le développement de nouveaux centres de données à l’expansion de l’énergie propre, à des normes environnementales rigoureuses et à des retombées concrètes pour les collectivités locales, afin que le Canada demeure à l’avant-garde des infrastructures de calcul haute performance durables. »
Comme la stratégie ne fournit aucun détail sur la façon ni le moment où cela se concrétisera, nous exhortons le gouvernement à appliquer une perspective rurale afin d’éviter toute conséquence imprévue avant la mise en œuvre de nouvelles politiques.
Nous avons également été heureux de voir la Saskatchewan Association of Rural Municipalities se joindre à notre appel en faveur d’une perspective rurale dans son mémoire présenté au Comité permanent des finances de la Chambre des communes dans le cadre des consultations prébudgétaires en vue du budget de 2026.
L’organisme a recommandé « que le gouvernement du Canada mette en œuvre une perspective rurale officielle dans l’ensemble des programmes de financement fédéraux et dans l’élaboration des politiques, afin de garantir que les réalités rurales — notamment l’étendue géographique, la capacité fiscale limitée et les contributions économiques des régions rurales — soient systématiquement intégrées au processus décisionnel ».
Comme nous le réclamons depuis longtemps, nous devons veiller à ce qu’aucune future réglementation ou politique fédérale — qu’elle soit intentionnelle ou non — ne nuise au Canada rural. Cela exige l’application institutionnelle et constante d’une perspective rurale à toutes les étapes du processus décisionnel fédéral, afin que les nouveaux programmes et initiatives tiennent compte des besoins, des enjeux et des possibilités propres aux régions rurales.
Jacquie LaRocque, directrice générale de Compass Rose, a récemment réitéré ce message dans The Hill Times.
« Les propres ambitions économiques du gouvernement ont placé les régions rurales au premier plan, leur confiant un rôle de chef de file dans les exportations d’énergie, les centres de données pour l’IA et la sécurité alimentaire, entre autres », a-t-elle fait valoir.
